• * L'école à bout de souffle *

    Titre évocateur pour un état dans lequel je me sens de plus en plus, même si j'adore mon métier... Hier soir passait sur France5 ce documentaire de Marina Julienne dans l'émission "Le monde en face". Je vous laisse le lien d'un article de l'Express qui résumera bien mieux que moi l'essence même du contenu.

    http://blogs.lexpress.fr/mammouth-mon-amour/wp-content/blogs.dir/779/files/2012/01/21.jpg

    Et voici le lien direct de Pluzz si vous n'avez pas vu l'émission:

    http://www.cineteve.com/affiches/affiche_l-ecole-a-bout-de-souffle_1.jpg

     

    Pour ma part, je reste triste -je crois que c'est le mot - de voir combien on essaie en France de colmater les brèches avec des pansements de fortune et admirative des pays comme la Finlande qui mettent les moyens de leur enseignement au service des élèves. Il n'y a qu'à voir le bâtiment exposé dans le documentaire et surtout le taux d'encadrement et la formation... pfff..

     

    J'ai souri aussi à la vue de ces enfants qui font un temps de relaxation dans la classe en lisant des livres, avachis sur un coussin géant ou bien encore allongés sous leur table car, ayant une sensibilité fortement littéraire, il m'était venue à l'idée dès le début de mon enseignement, de mettre en place ce genre de pratique pour montrer le plaisir de la lecture. Et puis, l'auto-pression du "qu'en dira-t-on" et le diktat du temps ont eu raison de mes "utopies".

     

    J'ai été déçue enfin, du "débat" qui a suivi -quelque peu stérile- même si des vérités ont été énoncées. Marre d'entendre toujours parler des parents socialement et culturellement dépourvus. Je vais sans doute paraître dure mais je peux me le permettre, étant issue d'une famille économiquement peu favorisée (pas la pire, c'est sûr mais en tous cas loin d'être dans la moyenne); les heures de travail pénibles à l'usine, les fins de mois difficiles n'ont jamais eu raison de l'attention que mes parents ont pu apporter à mes études; ils ne dépendaient pas du système (je pense de toute façon qu'à l'époque, "l'assistanat" était bien moindre et on n'avait pas le choix) et se battaient avec leurs armes: la volonté, la protection et la responsabilité. Ils m'ont aussi inculqué des valeurs qui peinent à perdurer à notre époque: le Respect et la ténacité.

     

    Pour conclure, il me reste un goût doux-amer car je n'ai pas perdu tous mes espoirs... l'espoir surtout d'un réveil collectif, d'une conscience de la part de chacun. Ce réveil aura-t-il lieu? Je veux encore le croire, pour mes enfants, mes élèves, mon métier et mon pays.

     

    Et puis, il me restera toujours une solution au cas où... je vais me mettre au Finlandais!

     

     

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  • Commentaires

    1
    Timis
    Dimanche 12 Février 2012 à 13:15
    J'ai vu hier ce reportage passionnant sur tes conseils, merci de ce partage.
    Très intéressant, même si j'en suis ressortie super culpabilisée, parce que je ne trouve pas ça normal, voire même scandaleux de mettre effectivement cette pression aux élèves mais je culpabilise beaucoup car je ne vois absolument pas comment sortir de ce système. Donc j'ai l'impression de cautionner et aggraver un système que je trouve scandaleux c'est très étrange...
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